Premiers morts

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Article programmé, je suis toujours à Lisbonne.

Je profite encore de la proposition de Clara de me « prêter » son site et la remercie bien. Marinette

 Tout d’abord à propos du texte au sujet de la défaite de l’Armée de l’Est du Général Bourbaki qui avait dû se réfugier en Suisse , je tiens à bien préciser qu’il s’agissait d’une défaite de 1871 qui fut ensuite exploitée pour pousser la génération suivante à un sentiment de devoir de vengeance .

LES DEUX PREMIERS MORTS DE LA GRANDE GUERRE

photo 1(journal Le Pélerin 8/08/1922)

Le lieutnant Mayer, allemand, mourut le premier puis ce fut le Capitaine Peugeot, tous deux le 2 Août 1914 peu après 10h, donc 30 heures avant la déclaration officielle de guerre. Le caporal Peugeot est considéré comme la première victime française de cette terrible guerre. Cela s’est passé à Joncherey, un petit village du Territoire de Belfort à quelques kilomètres de la frontière allemande de l’époque, de l’Alsace donc.

 « Le 2 Août 1914, premier jour de la mobilisation générale à travers le pays, le caporal Peugeot se trouve à la tête d’un petit détachement, à la frontière franco-allemande, avec la mission de surveiller les mouvements de l’armée ennemie. Jules-André Peugeot est né  à Étupes, dans le Doubs, le 11 juin 1893. Issu d’un milieu modeste, il se destinait à la carrière d’instituteur, lorsqu’il partit faire son service militaire(..). A l’été 1914, il est caporal (depuis le mois d’avril) et prépare le concours des officiers de réserve. Son régiment faisant partie des troupes de couverture, il a pour mission de surveiller la frontière franco-allemande, en cas de tension entre les deux pays(…). Le 30 juillet, pour tenter d’apaiser le gouvernement allemand, la France décide de reculer d’une dizaine de kilomètres ses troupes placées sur la frontière(….) aux confins de la Suisse, du Reich allemand et de la France(…)

Jules-André Peugeot, qui commande une escouade (…) vient prendre position dans le village de Joncherey (au sud-est du Territoire de Belfort). A la sortie sud-est du bourg, il a pour mission de surveiller la route de Faverois. Son poste est installé près de la ferme de la famille Docourt (…). Le dimanche 2 août, premier jour de la mobilisation générale, prévue pour midi, la guerre n’est pas encore déclarée mais chacun reste sur ses gardes. Peu avant 10 heures ce matin-là, la fille des Docourt, âgée de 9 ans, vient signaler au caporal Peugeot, qui est en train de se laver les mains avant de se mettre à table (on vient juste d’apporter la soupe pour son escouade), qu’elle vient d’apercevoir des cavaliers « prussiens » en allant chercher de l’eau à la source voisine. De toute évidence, ce détachement de huit hommes du 5e Chasseurs à Cheval de Mulhouse, qui progresse vers Joncherey ( … ) a violé la frontière française et, profitant de la zone récemment laissée libre de troupes, il poursuit une mission d’exploration en profondeur. C’est le sous-lieutenant (leutnant) Camille Mayer qui le commande. Ce jeune officier (…) connaît bien la région.

Peugeot se porte au devant des cavaliers allemands qui viennent de bousculer la sentinelle (un coup de sabre entaille sa capote et entame son ceinturon). Il prononce les sommations d’usage. En guise de réponse, Mayer sort son revolver et tire trois fois dans sa direction. La deuxième balle blesse grièvement le caporal (…) Avant de s’effondrer, le Français a le temps d’épauler son fusil et de faire feu sur Mayer. L’officier est mortellement blessé d’une balle au ventre. Une autre balle, tirée par l’un des hommes de Peugeot, l’atteint à la tête et l’achève.

Retournant sur ses pas, Peugeot s’affaisse devant la maison des Docourt, où il rend l’âme dans l’instant. Il est 10 heures 07. Des dragons, alertés par les détonations, arrivent sur place. Trop tard. Le drame est consommé (…)

Le lendemain, l’Allemagne notifie à la France sa déclaration de guerre… » (Texte venant de http://grande-guerre.org)

 Le caporal Peugeot et le sous lieutenant Mayer (parfois Camille mais en fait Albert de son prénom) sont donc décédés avant la déclaration de guerre et de ce fait d’autres militaires français sont parfois cités comme premières victimes car décédés, eux, le 4 Août, Fortuné Emile Pouget ou Georges Bigard, par exemple.Ces deux décès de Joncherey ont certainement étés vus comme symboliques.Ces deux militaires se sont tués « l’un l’autre » .

L’un était d’ Etupes, un village à environ 15 km de là seulement où il fut enterré deux jours plus tard en présence d’une foule considérable et émue, et l’autre bien qu’allemand vivait depuis son enfance dans la région de Mulhouse toute proche elle aussi, de plus, ils avaient presque le même âge.

En 1922 un monument fut construit à Joncherey en souvenir du caporal Peugeot (inauguré par Raymond Poincaré). Il fut détruit en juillet 40 par les allemands puis un nouveau fut construit ensuite en 1959.

photo 2photo 3

Voici le Caporal Peugeot et  le monument détruit en 1940

(http://opexcom) (http://racinescomtoises.net)

Voici une photo du sous-lieutenant Albert Mayer et de sa tombe dans le cimetière militaire allemand de Illfurt prés de Mulhouse.

photo 4photo 5photo:http://zouaveparcy1918.sfyrock.com)

Le monument que l’on peut voir à Joncherey depuis 1959 (http://www.joncherey.fr)

photo 6

Une réflexion au sujet de « Premiers morts »

  1. Je reprends !
    C’est vrai que devant l’ampleur des victimes pendant cette guerre, la présentation de ces deux hommes, avec leurs photos en plus, a quelque chose de symbolique… Mais que c’est triste tout ça !
    Bravo et merci pour ce billet.
    Elisabeth

  2. bravo Marinette pour ce beau récit, triste incident à la veille d’une guerre horrible ! qu’en reste t il ? une tombe , un monument, les deux hommes réunis dans la mort, l’Europe !! la Paix !! combien de morts pour en arriver là ! à ce moment mon père était sur le front des Vosges, vers Sarrebourg, il est revenu 5ans plus tard …mais il est revenu … merci Marinette, amitiés et bises

  3. En effet l’histoire a du garder le fait qu’ils s’étaient tué mutuellement alors que c’est ainsi que parfois les conflits commencent;

    Nous qui parlons depuis quelques semaines de la guerre de 14/18 et dont nous mettons à l’honneur des faits connus et d’autres inconnus, venons (même si nous ne sommes pas tous fautifs ) de tourner le dos à l’Europe que convoitaient ceux qui en 14/18 ne voulaient pas de cette guerre.

    Merci à toi Marinette de nous avoir fait connaître ce fait de guerre.

    Bien amicalement

    EvaJoe

  4. Drôle destin que celui de ces deux hommes!!!!!!
    Au moins ils n’auront pas vu ces horribles tranchées..Bises

  5. c’est bien d’avoir érigé un monument en mémoire de ce Caporal
    je suis émue par ce récit
    dur dur aussi pendant cette périodes pour ces enfants de vivre de tels drames
    je te souhaite un bon lundi
    et une très belle semaine
    bisous créoles

  6. Bonjour Marinette, c’est avec plaisir et tristesse que j’ai lu ton article à la mémoire de ces deux premiers morts de la guerre 1914…!
    Je te souhaite une agréable journée gros bisous

  7. Florence – Testé pour vous
    Bonjour et bravo pour tes recherches, c’était vraiment très instructif. Puis ça démontre comme la guerre est vraiment mais vraiment stupide. 2 jeunes hommes, qui avaient la vie devant eux, se tuent mutuellement, sans animosité, sans haine…juste parce qu’ils ne sont pas dans le même camp…quelle bétise la guerre…encore bravo et à très bientôt pour d’autres découvertes

  8. Bonjour mon adorable Clara

    Je viens te souhaiter une douce fin d’après midi.
    J’espère que tu as eu du soleil, car chez moi, il a dû
    déménager.

    Certains d’entre vous ne mettent pas de lien dans leur avatar,
    et lorsque je clique dessus et bien il n’y a pas
    de blog qui s’affiche et je ne peux donc pas répondre à leur com.
    Merci de vérifier mes amis(es).

    Je te confie ce lien (en espérant qu’il t’amènera directement
    chez mon ami, et que tu n’auras pas besoin de mot de passe.
    Pardon si tel est le cas. Pour ma part, je peux entrer chez tous).
    Nous allons rendre visite à Jean Michel, si tu le veux bien.
    http://j-michel.eklablog.com/

    Bonne soirée et prends soin de toi.

    Lolli

  9. Bonsoir à vous
    merci de cet article très sensible et émouvant j ai appris ce soir et cela fait du bien de lire ce qui à pu ce passer amitiés et bonsoir à Clara excellente soirée à vous Danielle

  10. Bon mercredi en ce jour des enfants…
    JUSTE POUR TE DIRE BONNE JOURNÉE
    Que cette belle journée
    Ne t’apporte que de la joie de vivre
    Que cette belle journée
    Ne t’apporte que de beaux petits plaisirs
    Que cette belle journée
    Ne t’apporte que de beaux sourires
    Que cette belle journée
    Ne t’apporte que de belles pensées positives

  11. Je connaissais un peu cette histoire. Beaucoup d Alsaciens ont du combattre dans l armée allemande, se sauver ne suffisait pas toute leur famille était déportée dans des camps si ils n obéissaient pas. Sur les monuments en Alsace, on ne verra jamais « Morts pour la France » , ça ne va pas puisque la plus part combattaient en Allemagne. Pour éviter des cas de conscience, beaucoup ont combattu sur le front de l est, peu en sont revenus.
    Bonne soirée Clara
    Latil

  12. Je pense que ces deux là n’étaient pas près pour le combat, beaucoup trop impétueux!!! C’est triste, mais peut-être que cela leur a éviter de vivre les horreurs de cette guerre, car je pense qu’on en ressort jamais indemne!!!
    Merci Marinette pour ce partage très fort pour nous mamans de jeunes garçons qui auraient pu connaître cette guerre!!!

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