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Ne rien voir, ne rien entendre ?

(chiffre de 2013, voir ICI)

Dix heures du soir, je regarde un film,

Et bien que tout soit fermé chez moi,

Il me semble entendre des cris dans la rue.

Je baisse le son et j’ouvre ma porte d’entrée

Pour vérifier si je n’ai pas la berlue.

Non, les voisins de la maison d’en face crient, une fois de plus,

Ils se disputent très fort devant leurs deux petits garçons.

J’ouvre mon portail électrique et vois la maman faire les cent pas dans son jardin.

Elle pleure et crie et lui, je le vois et l’entends vociférer derrière la vitre

Où l’un des petits colle son nez.

Je leur dis « arrêtez, arrêtez, voyez ce que vous faites vivre à vos enfants ».

Elle, toujours dehors «  mais ce n’est pas moi, c’est lui, il me fiche sur la figure régulièrement,

Je ne sais plus quoi faire ».

Je lui dis alors d’appeler la police ou de voir son assistante sociale mais d’agir,

Et surtout de ne pas rester dans cette situation.

« Mais il va me prendre mes enfants » me répond-elle.

« Non, les enfants sont à vous également, c’est impossible ».

Je rentre chez moi et les entends encore un moment.

Lui sort et dit au plus grand « laisse-là, elle est tarée ! ».

Pauvres gosses, que vont-ils penser de leurs parents et des adultes ?

Très anxieuse, j’appelle mon gendre qui est  policier

Pour lui demander ce que je peux faire.

« Rien, me répond-il, si on y va cela va te retomber dessus et

Puis  on leur dira exactement la même chose que toi. »

« Je ne veux pas être lâche, lui dis-je, et laisser cette femme dans une situation de danger».

« Tu ne peux rien faire de plus » m’affirme-t-il pour me rassurer.

 Je me souviens qu’il y a longtemps, j’étais déjà intervenue chez des voisins,

dans deux cas semblables et  je crois qu’au moins une fois, le pire a pu ainsi être évité.

Bien sûr, cela se reproduira. Que devrai-je faire alors ?

Ne rien voir, ne rien entendre ?

Révisons

Écoutez-le, ce vieil instit, donnant à ses petits-enfants une leçon de vocabulaire sur les cris des animaux :

> > « Tu le sais, bien sûr depuis longtemps, le coq chante, cocorico, la poule caquète, le chien aboie, quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache, l’hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage. Les moineaux piaillent, le faisan et l’oie criaillent quand le dindon glousse. La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse. Et le chat comme le tigre miaule, l’éléphant barrit, l’âne braie, mais le cerf rait. Le mouton bêle évidemment et bourdonne l’abeille. La biche brame, quand le loup hurle. Tu sais, bien sûr, tous ces cris-là mais sais-tu ? Sais-tu ? Que le canard nasille – les canards nasillardent ! Que le bouc ou la chèvre chevrote ; Que le hibou hulule, mais que la chouette, elle, chuinte ; Que le paon braille, que l’aigle trompète. Sais-tu ? Que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule que la perdrix cacabe, que la cigogne craquète et que si le corbeau croasse, la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit. Tu sais tout cela ? Bien. Mais sais-tu, sais-tu ? Que l’alouette grisole, Tu ne le savais pas.
> > > > > Et peut-être ne sais-tu pas davantage que le pivert picasse C’est excusable ! Ou que le sanglier grommelle, que le chameau blatère et que c’est à cause du chameau que l’on déblatère ! Tu ne sais pas non plus peut-être que la huppe pupule Et je ne sais pas non plus si on l’appelle en Limousin la pépue parce qu’elle pupule ou parce qu’elle fait son nid avec de la chose qui pue.
> > Qu’importe ! Mais c’est joli : la huppe pupule ! Et encore sais-tu ? Sais-tu que la souris, la petite souris grise, devine ! La petite souris grise chicote. Avoue qu’il serait dommage d’ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir, de ne pas savoir que le geai, que le geai cajole ! Sais-tu que la mésange zinzinule! Comme la fauvette d’ailleurs. »

> > « L’Albine » de Fernand Dupuy chez « Fayard

Alors, vous les connaissiez tous ? Moi, non !

Mais quelle est belle notre langue !