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Jeu des expressions de septembre

expressions

Il y avait trois expressions pour le mois, à illustrer de n’importe quelle façon, c’était à vous de choisir.

Voir mon article  ICI

et ma participation ICI

Je vous les rappelle : chercher du poil sur les oeufs, avoir le cul bordé de nouilles, battre le fer tant qu’il est chaud.

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Parlons de la réforme

Je sais, je ne devais plus publier beaucoup, mais certains sujets m’interpellent trop !

Devra-t-on supporter ça, tous les jours ?

Je lis de ci de là que la réforme de l’orthographe n’est pas importante au vu des problèmes de notre pays ! je ne suis pas d’accord du tout.

Cette réforme qui tire encore une fois la nation  et surtout sa culture vers le bas n’est-elle pas à son image, c’est-à-dire médiocre dans tous les domaines ??

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Révisons

Écoutez-le, ce vieil instit, donnant à ses petits-enfants une leçon de vocabulaire sur les cris des animaux :

> > « Tu le sais, bien sûr depuis longtemps, le coq chante, cocorico, la poule caquète, le chien aboie, quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache, l’hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage. Les moineaux piaillent, le faisan et l’oie criaillent quand le dindon glousse. La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse. Et le chat comme le tigre miaule, l’éléphant barrit, l’âne braie, mais le cerf rait. Le mouton bêle évidemment et bourdonne l’abeille. La biche brame, quand le loup hurle. Tu sais, bien sûr, tous ces cris-là mais sais-tu ? Sais-tu ? Que le canard nasille – les canards nasillardent ! Que le bouc ou la chèvre chevrote ; Que le hibou hulule, mais que la chouette, elle, chuinte ; Que le paon braille, que l’aigle trompète. Sais-tu ? Que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule que la perdrix cacabe, que la cigogne craquète et que si le corbeau croasse, la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit. Tu sais tout cela ? Bien. Mais sais-tu, sais-tu ? Que l’alouette grisole, Tu ne le savais pas.
> > > > > Et peut-être ne sais-tu pas davantage que le pivert picasse C’est excusable ! Ou que le sanglier grommelle, que le chameau blatère et que c’est à cause du chameau que l’on déblatère ! Tu ne sais pas non plus peut-être que la huppe pupule Et je ne sais pas non plus si on l’appelle en Limousin la pépue parce qu’elle pupule ou parce qu’elle fait son nid avec de la chose qui pue.
> > Qu’importe ! Mais c’est joli : la huppe pupule ! Et encore sais-tu ? Sais-tu que la souris, la petite souris grise, devine ! La petite souris grise chicote. Avoue qu’il serait dommage d’ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir, de ne pas savoir que le geai, que le geai cajole ! Sais-tu que la mésange zinzinule! Comme la fauvette d’ailleurs. »

> > « L’Albine » de Fernand Dupuy chez « Fayard

Alors, vous les connaissiez tous ? Moi, non !

Mais quelle est belle notre langue !

Mais pourquoi ?

Marinette est une de mes lectrices assidue et  intéressée par la chronique de l’année 1914,

mais elle n’a pas de blog. Donc, je lui laisse bien volontiers un peu de place ici, afin qu’elle publie.

Vous pourrez lire ci-dessous, son article.

Poilus_mauron

Clara m’offre très généreusement la possibilité d’utiliser son blog pour participer au sein de votre nouvelle

communauté aux chroniques concernant l’année 1914. Je tente donc de me lancer .

MAIS POURQUOI ?

Mais pourquoi cette guerre après ce fabuleux démarrage d’un nouveau siècle , après l’arrivée des progrès techniques et l’ouverture d’un monde « moderne » . Pourquoi se battre , aller mourir , faire  » don de sa personne à sa nation  » ?

Les anciens de ma famille m’ont peu donné de raisons . Mon Grand-Père refusait de parler de cette guerre , mon Grand-Oncle nous saoulait à chaque visite en nous parlant sans cesse des combats et de ses blessures.

– Mais la cause , cher Oncle ?

– L’ Alsace et la Lorraine !

– Cela seulement ?

Mais qu’en savait-il au juste ?

La France avait perdu une guerre , dû céder  » l’Alsace et la Lorraine » . Admettons que cela lui ait donné une rancœur face à l’Allemagne et une envie de repartir au combat pour montrer maintenant à tous qu’elle était une nation forte . Mais l’Allemagne , elle , pourquoi, qu’avait elle à y gagner ?

L‘opinion d’un journal pangermaniste
« La France n’est pas encore prête pour le combat. L’ Angleterre est aux prises avec des difficultés intérieures et coloniales. La Russie redoute la guerre, parce qu’elle craint la révolution intérieure. Allons-nous attendre que nos adversaires soient prêts ou devons-nous profiter du moment favorable pour provoquer la décision ? Voilà la question lourde de sens qu’il s’agit de trancher.
L’armée autrichienne est encore fidèle et utile. L’ Italie est encore fermement attachée à la Triple Alliance et même si elle préfère encore (…) le maintien de la paix, pour panser les plaies de la dernière guerre
*
, elle sait (…) que, si l’Allemagne est battue, elle sera livrée sans remède à la violence de la France et de l’Angleterre et elle perdra sa position indépendante en Méditerranée (…). Nous pouvons également compter le cas échéant sur la Turquie et la Roumanie. Nous avons ainsi encore des atouts en main, nous pourrions tenir les commandes de la politique européenne, par une offensive résolue, et nous pourrions assurer notre avenir.
Cela ne veut pas dire que nous devons provoquer la guerre ; mais là où se manifeste un conflit d’intérêts (…) nous ne devrions pas reculer, mais le faire dépendre de la guerre et la commencer par une offensive résolue; peu importe le prétexte, car il ne s’agit pas de cela, mais de tout notre avenir, qui est en jeu. »


Extrait traduit d’un article paru dans le journal allemand Die Post , le 24 février 1914

* guerre de 1911-1912 entre l’Italie et l’Empire ottoman pour le contrôle de la Libye et des îles du Dodécanèse (dont Rhodes en mer Egée). L’ Italie gagne, mais se heurte à des contestations politiques de la part de la Grèce et de la Russie pour la possession du Dodécanèse.

Je sursaute en lisant ce texte ! Ne pas tenter de résoudre un conflit d’intérêts autrement qu’en partant en guerre , quelle curieuse politique !

Mais est- ce que c’était réellement l’esprit des Allemands, en général ?

L’opinion de Stefan Zweig, 30 ans après

« La tempête de fierté et de confiance qui soufflait alors sur l’Europe charriait aussi des nuages. L’essor avait peut-être été trop rapide. (…)
Partout le sang montait à la tête des États, y portant la congestion. La volonté fertile de consolidation intérieure commençait partout… à se transformer en désir d’expansion. Les industriels français, qui gagnaient gros, menaient une campagne de haine contre les Allemands, qui s’engraissaient de leur côté, parce que les uns et les autres voulaient livrer plus de canons – les Krupp et les Schneider du Creusot. Les compagnies de navigation hambourgeoises, avec leurs dividendes formidables, travaillaient contre celles de Southampton, les paysans hongrois contre les serbes, les grands trusts les uns contre les autres ; la conjoncture les avait tous rendus enragés de gagner toujours plus dans leur concurrence sauvage. Si aujourd’hui on se demande à tête reposée pourquoi l’Europe est entrée en guerre en 1914, on ne trouve pas un seul motif raisonnable (…) ; je ne puis l’expliquer autrement que par cet excès de puissance, que comme une conséquence tragique de ce dynamisme interne qui s’était accumulé depuis ces quarante années de paix et voulait se décharger violemment. Chaque État avait soudain le sentiment d’être fort et oubliait qu’il en était exactement de même du voisin (…). Car chacun se flattait qu’à la dernière minute l’autre prendrait peur et reculerait; ainsi les diplomates commencèrent leur jeu de bluff réciproque. Quatre fois, cinq fois, à Agadir, dans la guerre des Balkans, en Albanie, on s’en tint au jeu; mais les grandes coalitions resserraient sans cesse leurs liens, se militarisaient toujours plus. (…) ; finalement les forces en excès durent se décharger, et les signes météorologiques dans les Balkans indiquaient la direction d’où les nuages approchaient déjà de l’Europe. »
Stefan Zweig, « Le monde d’hier« , 1944, Livre de Poche, 1993, p. 235-236.

[Stefan Zweig, né le 28 novembre 1881 à Vienne, en Autriche-Hongrie, et mort par suicide le 22 février 1942, à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. En exil de 1933 à 1942 ( wikipedia ) ]

Ces deux textes me donnent à réfléchir .

On tente , on tente , puis hop , on saute ; des chats face à des souris en quelque sorte ! Et ce type de raisonnement me semble encore bien actuel malheureusement.