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Quelques jours…

Nous partons avec le camping-car profiter de l’arrière saison

sur la Côte Atlantique, pour une dizaine de jours.

Si je peux, si j’ai la connexion, j’irai vous lire avec plaisir. A bientôt !

La première feuille d’automne

La première feuille d’automne
Est la moins légère à porter
Pour l’arbre vert qui s’en étonne
Et l’air bleu qui la sent tomber.

Malgré le mal qu’elle se donne
Pour garder sa légèreté,
La première feuille d’automne
Est la moins légère à porter.

Quel est ce vol qui tourbillonne ?
Est-ce, à notre front de clarté,
Le dernier papillon d’été ?
Ou, sur notre âme qui frissonne,
La première feuille d’automne ?…

Rosemonde GERARD ROSTAND

La force de l’amour

drapeau en berne

Dit de la force de l’amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d’être libre et je te continue.

Paul Eluard

Rien à ajouter ! La vie et la liberté seront plus fortes que le mal !

L’avenir

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Soulevons la paille
Regardons la neige
Écrivons des lettres
Attendons des ordres

Fumons la pipe
En songeant à l’amour
Les gabions sont là
Regardons la rose

La fontaine n’a pas tari
Pas plus que l’or de la paille ne s’est terni
Regardons l’abeille
Et ne songeons pas à l’avenir

Regardons nos mains
Qui sont la neige
La rose et l’abeille
Ainsi que l’avenir

Guillaume Apollinaire, Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)

Couleurs

Au-dessus de Paris
la lune est violette.
Elle devient jaune
dans les villes mortes.
Il y a une lune verte
dans toutes les légendes.
Lune de toile d’araignée
et de verrière brisée,
et par-dessus les déserts
elle est profonde et sanglante.

Mais la lune blanche,
la seule vraie lune,
brille sur les calmes
cimetières de villages.

Federico Garcia Lorca, Chansons sous la lune

(Federico García Lorca est un poète et dramaturge espagnol, également peintre, pianiste et compositeur,

né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros près de Grenade et assassiné le 19 août 1936 à Viznar- Wikipédia -)

Je vous informe que je serai plus ou moins absente de mon blog et des vôtres toute la semaine qui vient.

Je dois juste subir une intervention chirurgicale bégnine, pas d’inquiétude !

Merci à vous.

Contre la guerre

Logo 1914

La mère fait du tricot

Le fils fait la guerre

Elle trouve ça tout naturel la mère

Et le père qu’est-ce qu’il fait le père ?

Il fait des affaires

Sa femme fait du tricot

Son fils la guerre

Lui des affaires

Il trouve ça tout naturel le père

Et le fils et le fils

Qu’est-ce qu’il trouve le fils ?

Il ne trouve rien absolument rien le fils

Le fils sa mère fait du tricot son père fait des affaires lui la guerre

Quand il aura fini la guerre

Il fera des affaires avec son père

La guerre continue la mère continue elle tricote

Le père continue il fait des affaires

Le fils est tué il ne continue plus

Le père et la mère vont au cimetière

Ils trouvent ça naturel le père et la mère

La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires

Les affaires la guerre le tricot la guerre

Les affaires les affaires et les affaires

La vie avec le cimetière.

Jacques Prévert, Paroles

Mon ordinateur va un peu mieux, même s’il n’est pas au top,  je vous remercie (rires)

mais c’est moi qu’il a fatiguée.

Je vais faire tout mon possible pour aller vous lire aujourd’hui.

Merci de votre compréhension.

 

Tu n’en reviendras pas

Logo 1914

[youtube]http://youtu.be/4lx9DpjdUOw[/youtube]

Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu
Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

Qu’un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
Et toi le tatoué l’ancien légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve
On glissera le long de la ligne de feu
Quelque part ça commence à n’être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève

Roule au loin roule train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secouent
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac l’haleine la sueur

Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s’efface
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri

Louis Aragon

En ce moment, je ne peux pas passer vous lire chaque jour, j’espère que vous ne m’en voudrez pas !